Il y a quelque chose de déroutant dans la fête de l’Ascension. Les Apôtres voient Jésus « s’élever » sous leurs yeux, puis disparaître dans la nuée. Instinctivement, nous pourrions croire qu’il s’éloigne enfin du monde, qu’il quitte les siens pour rejoindre un ailleurs inaccessible. Pourtant, toute la liturgie de cette fête nous dit exactement l’inverse : l’Ascension n’est pas l’absence du Christ, mais une nouvelle manière de sa présence.

Les disciples, dans les Actes des Apôtres, restent là « à regarder vers le ciel ». C’est une image très humaine. Nous aussi, devant les bouleversements de notre vie, nous restons parfois immobiles : nous regardons le passé, nous regrettons ce qui n’est plus, nous attendons des réponses immédiates de Dieu. Les Apôtres espéraient encore un royaume visible et triomphant : « Est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le royaume pour Israël ? » Jésus déplace leur attente. Le Royaume de Dieu ne se construit pas dans la nostalgie ni dans la curiosité sur l’avenir, mais dans la mission du temps présent et dans la confiance en Dieu : « Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit ; vous serez alors mes témoins. »
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