Jérémiades !!!
Chers amis, Nous voici au seuil d’une nouvelle année scolaire, et pour nous relancer et renouveler notre désir de conversion, l’Église nous donne de méditer sur une partie de la longue plainte qu’adresse le prophète Jérémie au Seigneur. On aurait pu prendre un texte plus exaltant ! Et pourtant, nous pouvons y trouver une source vivifiante pour notre vie spirituelle et pour bien repartir dans cette nouvelle année !

Cet homme choisi par Dieu a connu la persécution et le déchirement intérieur. Il a exercé son ministère pendant les quarante années qui ont précédé le désastre de Jérusalem en 587 av. J.-C. et la déportation à Babylone. Quarante années de décadence spirituelle, et son ministère, précisément, consistait à prédire la catastrophe : pas pour le plaisir de jouer les oiseaux de mauvais augure, évidemment, mais au contraire dans l’espoir d’obtenir in extremis la conversion du roi et du peuple.
Il ne néglige rien pour alerter ses contemporains, car il est encore temps ; mais euxmêmes ne négligent rien non plus pour faire taire cet empêcheur de danser en rond. C’est dans ce contexte très polémique et donc très angoissant pour lui que sont nées ces confidences dont nous venons de lire un extrait, ce que nous appelons ses « confessions »… ou plus vulgairement : « les jérémiades ».
Ce que nous pouvons retenir, c’est la puissance que la parole de Dieu déploie dans le cœur du prophète : «Je me disais : Je ne penserai plus à lui, je ne parlerai plus en son nom. Mais elle était comme un feu brûlant dans mon cœur, elle était enfermée dans mes os. Je m’épuisais à la maîtriser, sans y réussir. (…) Seigneur, tu m’as séduit, et j’ai été séduit ; tu m’as saisi, et tu as réussi. »
Chers amis, en ce début d’année, demandons au Seigneur qu’il agisse en notre cœur avec la même intensité… en un mot, j’aimerais vous redire avec saint Paul : « Je vous exhorte, frères, par la tendresse de Dieu, à lui présenter votre corps – votre personne tout entière –, en sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu : c’est là, pour vous, la juste manière de lui rendre un culte. »
Soyons-en sûrs, c’est lorsque nous acceptons que les pensées de Dieu valent mieux que les nôtres que se produit la véritable conversion. Comme le prophète Jérémie, laissons-nous saisir par la parole que nous proclamons, même lorsque nous ne la comprenons pas entièrement ! Ne cherchons donc pas tant à sauver notre vie qu’à la perdre, en la livrant entre les mains du Seigneur pour qu’il puisse lui faire porter tout son fruit. Livrons-nous donc entièrement à l’amour !
Don Louis-Marie Duport
