28e dimanche du Temps Ordinaire

Extrait du discours du Pape Léon XIV à l’UNESCO

Être humain, c’est d’abord être un enfant. Aucun d’entre nous n’a décidé de qui, quand ni où naître. En tant qu’enfants, nous sommes tous frères et soeurs. Pour chaque être humain, la naissance établit une
communion de vie qui trouve sa source, et son premier cadre éducatif, dans la famille.

Deuxièmement, nous naissons tous nus et dans le besoin. Nous sommes pauvres de naissance. Oublier les circonstances de notre naissance obscurcit l’idée même de la vie humaine, car cela détache la vie de l’histoire commune à nous tous. Ainsi, la vie n’est plus comprise comme un don, mais comme une marchandise.

Troisièmement, entretenir la mémoire de notre humanité commune, c’est reconnaître sa grandeur même si elle est diminuée par de nombreuses formes de mal et d’injustice. Cette beauté a un nom : la justice. L’être humain est celui qui grandit, apprend et travaille à la fois de ses mains et de son esprit. Par ce travail, nous pouvons cultiver la terre ou la défigurer, créer des oeuvres d’art ou les détruire.

On ne peut comprendre l’être humain en séparant ce qui est indissociable : le corps et l’âme, la vie personnelle et les relations, notre rapport aux autres et à l’environnement. Tout cela fait partie de l’unité
de notre existence. C’est pourquoi cultiver la terre, c’est aussi cultiver l’humanité qui l’habite. Ce n’est
pas un hasard si chaque culture [au sens de culturel] est un acte de culture [au sens d’agriculture].

Le critère qui nous permet d’évaluer notre engagement est l’attention que nous portons aux plus petits et aux pauvres : les enfants dans le sein de leur mère, les personnes souffrant d’un handicap, les personnes âgées, les migrants, les réfugiés, ainsi que tous ceux qui sont exclus avec arrogance au motif qu’ils ne sont pas productifs. À cela s’oppose une volonté d’exploiter et de piller, en tirant le maximum de chaque être vivant, en consommant sans préserver, en détruisant sans cultiver. Ainsi, la crise écologique actuelle est une crise anthropologique. L’habitat de la personne humaine est la société – non pas un environnement purement physique, comme le désert ou l’océan pour les animaux, mais un environnement moral et relationnel. Là où règne la paix sociale, les peuples s’épanouissent dans la justice.