26e dimanche du Temps Ordinaire

“Ne faisons pas un pas qui n’aille à la prière”

Chers amis,
En écoutant les textes de ce dimanche, j’aimerais m’arrêter avec vous sur la vertu d’humilité. Si elle est si
importante, c’est qu’elle est un prérequis pour pouvoir recevoir l’enseignement du Christ. Elle se cache derrière chacun des textes : sans elle, la relation à Dieu que l’on appelle la prière ne peut s’ajuster !

A entendre l’évangile de ce dimanche, on a l’impression qu’une des conditions pour entrer dans le royaume de Dieu, c’est de se considérer soi-même comme un publicain ou un prostitué.

Pourquoi faudrait-il nous abaisser ainsi ? Saint Paul insiste dans sa lettre aux philippiens : Ayez assez d’humilité pour estimer les autres (et tous les autres, même les publicains et les prostitués) supérieurs à vous-mêmes.

Il ne faudrait pas nous tromper : l’humilité n’est pas une manière de nous déprécier ou un manque d’amour de vous-même.

Elle est une conscience. Elle est la vérité de notre condition de créature face au Créateur, d’être fini face à
l’infini. Le terme d’humilité vient du latin : « humus » : la terre, dont nous avons été tirés. L’humilité est cette conscience d’avoir été sorti gratuitement du néant. Elle engendre en nous une gratitude et une disponibilité d’accueil aux autres.

Dans l’imitation de Jésus Christ, l’auteur contemple cette vérité et se laisse saisir par sa petitesse face à l’immensité divine :

« Seigneur, (..) je demeure foudroyé en considérant que le ciel même est impur à tes yeux.
Si tu as trouvé du mal dans tes anges et ne les as pas épargnés, qu’en sera-t-il de moi ?
Les étoiles sont tombées du ciel, et moi, poussière, à quoi puis-je prétendre ? (…) L’argile va-t-elle se glorifier en face
de celui qui l’a modelée ? Comment peut-il avoir des paroles prétentieuses, celui dont le coeur est sincèrement
soumis à Dieu ?
»

Alors, au cours de cette semaine, demandons au Seigneur cette grâce de savoir tout accueillir comme un don ; de reconnaitre que nous ne sommes pas auto-suffisants et que les autres sont toujours à accueillir comme des envoyés de Dieu. “Nul n’est si éclairé qu’il puisse faire l’économie de la lumière des autres” disait sainte Catherine de Sienne.

Lorsque je suis suffisamment humble pour vivre cet accueil évangélique, je puis trouver Dieu en tout être accueilli, et ainsi selon le vers de Victor Hugo, ne plus faire un pas qui n’aille à la prière.

don Louis-Marie Duport