Le repos : une pause ou une rencontre ?
L’été arrive, et avec lui le temps des vacances. Beaucoup d’entre nous les attendent avec impatience. Pourtant, savons-nous vraiment nous reposer ?
Il est parfois plus difficile qu’on ne l’imagine de s’arrêter. L’absence d’activité peut réveiller en nous une peur enfouie : le vide ! Le fait de n’être plus tenu par un horaire, des contraintes, ou du stress peut entrainer une paresse et avec elle, une remise en question !

Il suffit de constater pour s’en convaincre du soin que nous prenons à tout prévoir pour nos vacances ! Comme si le repos devait lui aussi être rempli. Derrière cette agitation se cache souvent une question plus profonde : qu’allons-nous découvrir lorsque nous cesserons enfin de courir ?
Pour comprendre le sens du repos, il faut d’abord redécouvrir celui du travail. Notre époque considère souvent le travail comme une nécessité pénible, un mal nécessaire dont il faudrait s’évader dès que possible. La « vraie vie » commencerait alors après le travail, dans les loisirs ou les vacances.
La tradition chrétienne porte un autre regard. Le travail n’est pas seulement un moyen de gagner sa vie. Il est une activité profondément humaine par laquelle nous transformons le monde, mais aussi nous-mêmes. En travaillant, nous développons nos talents, notre intelligence, notre savoir-faire et notre liberté. Le travail nous permet de participer à l’oeuvre même du Créateur, qui a confié à l’homme la mission de cultiver et d’habiter la terre.
Certes, depuis le péché originel, le travail est marqué par la fatigue et la résistance du monde. Mais la pénibilité n’est pas le coeur du travail ; elle en est la blessure. Le travail demeure un chemin d’accomplissement et de croissance.
Il existe cependant un autre danger : faire du travail une idole. Certains attendent tout du repos ; d’autres attendent tout de leur activité. Dans les deux cas, quelque chose manque. Car ni le travail ni le loisir ne peuvent combler le coeur humain.
Le repos chrétien n’est pas une simple interruption de l’activité. Il est un temps où nous retrouvons le sens de notre existence devant Dieu. Simone Weil écrivait que la prière est avant tout une affaire d’attention. Or le travail quotidien, lorsqu’il est vécu avec sérieux, éduque précisément cette faculté d’attention. Pendant les vacances, nous sommes invités à orienter davantage cette attention vers le Seigneur.
Et si cet été devenait l’occasion de prendre un peu plus de temps pour Dieu ? Dix minutes d’oraison chaque jour avec l’Évangile,un chapelet médité paisiblement, une messe en semaine lorsque cela est possible… Voilà peut-être le plus beau des repos : celui qui permet à notre âme de retrouver sa source.
Je vous souhaite à tous un très bel été, rempli de paix, de joie et de la présence du Seigneur.
Don Louis-Marie Duport
