3ème dimanche de Pâques

« Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent. » Nous aussi, nous voudrions que le Seigneur se fasse reconnaître par nous à la fraction du pain. Combien de fois nous allons à la messe en désirant le rencontrer, « mais nos yeux sont empêchés de le reconnaître ».

Qu’est-ce qui a permis aux disciples d’Emmaus de vivre cette rencontre ? Il y a d’abord le choix du Seigneur. Pourquoi eux ? Pourquoi à ce moment-là ? C’est son mystère. Mais ensuite il y a aussi leur invitation : « Reste avec nous, Seigneur, car le soir approche et déjà le jour baisse. » Ils l’ont invité, ils l’ont pressé de rester, ils l’ont fait entrer chez eux.

Voilà un bel exemple pour nous : en venant à la messe, invitons-le dans notre cœur, pressons-le de rester avec nous – peut-être se manifestera-t-il à la fraction du pain… Faisons-le entrer chez nous : non seulement par la communion, mais en intériorisant ses paroles : « Prenez et mangez-en tous, ceci est mon corps livré pour vous. » Nous connaissons ces paroles par cœur, elles sont gravées dans notre mémoire comme les prières que notre mère nous apprenait avant de dormir quand nous étions enfant. Mais qu’elles résonnent aussi dans notre esprit ! « Prenez et buvez-en tous, ceci est mon sang versé pour vous. » Que ces paroles soient la nourriture de notre âme. Toute notre foi y est résumée ; tout l’amour de Dieu y est exprimé ; et toute notre espérance s’y concrétise : être avec Lui, avec son corps, physiquement : voilà la vie éternelle.

« Prenez et mangez-en tous, ceci est mon corps livré pour vous. » Ces paroles méritent d’être méditées chaque jour. Elles ont pouvoir de nous encourager dans le malheur et d’éveiller notre gratitude dans le bonheur ; elles orientent nos premiers pas vers le Christ et nous rassurent à l’heure de notre mort : elles ont pouvoir de nous faire rencontrer le Christ à tout instant de notre vie.

Saints pèlerins d’Emmaus, priez pour nous : que le Seigneur nous accorde de Le reconnaître à la fraction du pain !

don Constantin