2ème dimanche du temps ordinaire

L’Agneau de Dieu

A la suite de Jean le Baptiste, nous invoquons Jésus comme « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». D’où vient cette expression et qu’est-ce qu’elle signifie pour nous ?

C’est certainement l’Esprit-Saint qui l’a inspirée au prophète Jean le Baptiste, car elle ne se trouve nulle part dans l’Ancien Testament ni dans la culture juive – elle est absolument nouvelle pour désigner Jésus.

Mais elle fait allusion à des thèmes bien connus. Dans l’Ancien Testament, l’agneau est une figure, sacrificielle, la victime par excellence : il y a l’Agneau de la Pâque, immolé pour sauver de l’esclavage ; il y a aussi les agneaux sacrifiés dans le Temple pour obtenir le pardon des péchés.

Puis, deux prophètes donnent à des personnes qui se sacrifient le titre d’agneau : le prophète Jérémie se compare à « un agneau docile qu’on emmène à l’abattoir » (Jr 11,19) ; par le prophète Isaïe (Is 53), Dieu parle du « juste, mon serviteur qui, comme un agneau conduit à l’abattoir remet sa vie en sacrifice de réparation pour les multitudes et se chargera de leurs fautes ».

En précisant que Jésus est l’Agneau « qui enlève le péché du monde », le Baptiste nous annonce déjà que Jésus sera sacrifié, que son sang sera versé.

Cependant, Jean dit que Jésus est l’Agneau de Dieu. Tous les agneaux de l’Ancient Testament et aussi les
prophètes qui se sacrifiaient pour le peuple étaient des agneaux pour Dieu. Avec Jésus commence quelque chose de nouveau ! Dieu lui-même prend l’initiative, et l’Agneau de Dieu peut réaliser ce que les agneaux pour Dieu n’ont pu obtenir : la victoire sur le mal, réalisée par la mort et la résurrection de Jésus.

Le titre d’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde révèle dès le début de la mission de Jésus, la manière dont Dieu veut nous sauver : c’est un agneau debout, mais égorgé (Ap 5,7) ; une victoire par la défaite ; c’est Dieu qui est offert en sacrifice ; c’est le Berger qui devient un agneau ; c’est la patience de Dieu qui obtient la victoire non par la violence, mais par le don de soi muet et patient.

Heureux les invités au repas des noces de l’agneau, car eux aussi obtiendront la victoire dans la douceur et la patience !

Don Constantin +